19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 08:17

 

La forêt aussi a son langage, elle parle

entre ciel et racines, et hurle quelquefois,

par grand vent, bouche ouverte, en pleine nuit.

 

Mais pourrait-on comprendre ses tragédies,

cette dentelle obscure du contre-jour,

 

Ces propos de fougères et de fourmis,

ce parler d'un temps sans grammaire

ni alphabet,

                  lorsque le temps affleure à la saignée

des branches, jusqu'à la pointe extrême

des feuilles, et l'exténuation du silence.

 

 

 

Lionel Ray

Comme un château défait

Gallimard, 2004

SG