26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 07:10

 

Tu pourrais pleurer sur les arbres qu’on abat

sur les forêts pour trois cents ans radioactives

et ces populations toujours sur le qui-vive

qui n’éprouvent du quotidien que les combats

— parfois tu pleures mais faut-il que tu l’écrives ?

 

effondrements forêts brûlées champs de bataille

ont peu à peu rempli ton vide à l’intérieur

— c’est là que tu devrais faire un monde meilleur

plutôt que d’y entretenir les représailles

ou les rancœurs de grande et de petite taille

 

et tu écrirais pour pacifier ce domaine

le seul que tu aies en partage, pour ne pas

céder au découragement pas après pas

jour après jour debout traverser la semaine

fût-ce en pleurant pourvu que le sentier te mène

 

au-dessous de l’écorce et des écorchements

plus à l’intérieur — il était une province

nous dit le conte envahie de ronces, le prince

à la fin réveilla la belle au bois dormant

— ce n’est qu’un songe et pour autant nul ne te pince.

 

 

 

 

Bertrand Degott

Plus que les ronces

Jegun, l'Arrière-Pays, 2013

SG