6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 20:13

 

Sous les arbres du Tamarit

sont arrivés les chiens de plomb,

attendant que tombent les branches,

attendant que seules se brisent.

 

Le Tamarit a un pommier

et une pomme de sanglots.

Un rossignol tait les soupirs

qu'un faisan chasse par la poussière.

 

Mais les branches ont leur gaieté,

les branches sont comme nous sommes.

Oublient la pluie, et puis s'endorment

telles des arbres, rapidement.

 

L'eau étalée sur leurs genoux

deux vallées attendaient l'automne.

La pénombre au pas d'éléphant

poussait les branches et les troncs.

 

Sous les arbres du Tamarit

il est beaucoup d'enfants voilés,

attendant que tombent mes branches,

attendant que seules se brisent.

 

 

 

 

 

Federico Garcia Lorca

Poésies II

Divan du Tamarit

Traduit par Claude Couffon et Bernard Sesé

Gallimard, 1961

 

SG