13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 06:54

 

Au sortir de l'église laissant derrière nous

le brouhaha du service divin,

chocs d'encensoirs, sanglots des psaumes

sous la lueur du lustre

devant les noirs visages encadrés d'argent

nous sommes allés jusqu'au bout de la cour

où s'agitait en rafales fraîches

un platane.

 

Enraciné au fond de la pierre,

soulevant de ses lourdes ailes

depuis des siècles le ciel bien haut,

frémissant — son ombre nous recouvrit,

caverne, sous ses murmures.

 

Ce n'était pas la nature qui frissonnait alors.

Cette couverture de soupirs, de bruissements

n'était pas vouée à prédire l'avenir,

mais quiconque se tenait dans son ombre

allait respirer dans la terreur

une prière sans fin, rugueuse, obscure supplication.

 

Dans l'église les bruits du service encore,

la clameur provisoire ;

mais dehors il n'y avait plus

ni offrandes ni cierges ni encens ;

le crépuscule pesait déjà, le chuchotement du silence

approfondissait le chagrin du monde

qui tremblait, balançait, battait là-haut

dans les branches de l'arbre séculaire.

 

 

 

 

Stratis Pascàlis

Poèmes d'un autre

Fleurs d'eau

Traduction par Michel Volkovitch

Publie.net, 2008

SG