15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 07:26

 

 

                       

S'il n'était pas d'arbres à ma fenêtre

Pour venir voir jusqu'au profond de moi

Depuis longtemps, il aurait cessé d'être

De cœur offert à ses brûlantes lois.

 

                                     

                                   Jules Supervielle

 

 

 

Arbres, ô, ma raison, jambages verdissants

Couchés au pâle azur d'un monde qui se forme

De vos paumes s'écoule en fleuves jaillissants

L'étincelle des nues que le souffle déforme...

 

Lumières incréées que ponctuent les rémiges

De quel HORUS, Egypte, en ton sein réchauffé,

Où le fatal essor du destin qui se fige

Brise la colonnade où la barge lofait...

 

Ramages de rameaux, algues, mes chevelures,

Sargasse sarcastique à l'étrave des phoques,

Éclaboussent les fruits, au sable, tavelures.

 

Cheminement des sèves, ligneuse déité,

Au front de l'ouragan, c'est ton front que j'invoque,

Hissant sinople fier tiercé d'ubiquité.

 

 

 

 

Jean Vigile

Florilège 60

par Louis Lippens et Maurice Pernette

C.O.P.E.L.A.T, 1960

SG