2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 05:01

 

  LES FORÊTS sur l'autre rive ouvrent leurs chemins blancs, et je les suis tous à la fois jusqu'à trouver la chair plus profonde de la lumière.

 

 

  J'AVANCE.

 

 

  J'AI OUBLIÉ le temps, dépassé les murs d'aiguilles noires là-haut ; je pénètre dans la chute du ciel, je tombe dans le rythme de mon sang et du grand sang lymphatique de la forêt.

 

 

  NAÎT la mousse libre, abandonnée ; par points des spasmes l'épanouissent en fougères. Il naît aux racines un cyclone qui traverse la nuit minérale ; là-bas, où sa force soudain débouche à défaillir, il naît cette colonne où je me tiens.

 

 

 J'OUVRE les mains. Dix routes font à nouveau une fleur que je n'effeuille pas.

 

 

 

 

 

Georges-Emmanuel Clancier

Évidences

Mercure de France, 1982

SG