23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 16:07

 

La nuit dit aux grands arbres

à mots de feutre

des paroles de lait bleu

 

J'entends suinter

la moiteur sucrée des feuilles

dans les halliers de l'ombre

 

La brume d'un lointain pays

s'anime de doux chiens blessés

dans la chaude rumeur de l'angoisse

 

Au ras des herbes moribondes

s'envolent d'agiles lueurs

vers la rivières somnolente

 

Tel un veilleur guettant l'aurore

j'attends la blanche annonciation

d'une fleur ressuscitée.

 

                       ♦ 

 

Sous nos pas un bonheur de sable

poussait des cris brefs et roses

Désir né de la mer

une pluie lointaine de nacre

jetait un silence bleuté.

L'île aux oiseaux

sur la brume flottant

nous appelait d'une caresse.

Là-bas montait la dune fauve

dans le parfum des arbres blessés.

Et ce fut le matin et ce fut le soir

frémissant de lunules et d'oiseaux gris.

 

                        ♦ 

 

Parfois des animaux nous croisent

avec des regards d'anges noirs

et nous posent des énigmes

douces, sur le terrible amour.

Un sphinx parle de simples choses

douloureuses. Les lendemains

prennent forme de labyrinthes

où l'oiseau  lance un cri de sang

à travers de blancs arbres morts.

 

 

 

F.-J. Temple

Les grands Arbres

Chambelland 

SG