12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 09:13

 

Il croît un arbre sous la terre,

un mirage me poursuit,

chant de cristal vivant, d'argent incandescent.

Ainsi que les ténèbres devant la lumière

toute pesanteur doit se dissoudre

quand tombe des feuilles une goutte de chant.

 

Une angoisse me poursuit.

Elle suinte de la terre.

Un arbre là est supplicié

dans le sein grave de la terre.

Ô vent ! Ô lumière du soleil !

Sachez ce supplice,

promesse d'un parfum de paradis !

 

Où passez-vous, pieds qui allez

si doucement, si durement

que la planète s'en fissure

et qu'elle rend sa proie ?

 

Pour l'amour de l'arbre, ayez pitié !

Pour l'amour de l'arbre, ayez pitié !

Pour l'amour de l'arbre,

je vous appelle de tous les horizons.

Ou bien, faut-il attendre un dieu

et lequel ?

 

 

 

Hjalmar Gullberg

Anthologie de la poésie suédoise

Seuil