11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 08:47

 

Il me semble aujourd'hui mieux comprendre les arbres

Qu'autrefois, du temps où le front

Contre leur tronc ils me transmettaient leurs pensées

Tout de sagesse et d'austérité

 

Ces germes qui naissent en moi

Comme un pollen de mimosa s'envolent

Avant qu'il soit besoin de les penser

 

Comme un arbre je me propage

Au gré du vent J'essaime Je voyage

Enchaîné à des racines qui ne me retiennent pas

Casanier à la façon d'un vieux pin tordu

 

Je me fie aux récits des oiseaux Je délie

Au long de mes amples branches la course des écureuils

Parfois un pivert toctoque à ma porte d'écorce

Mais je n'ouvre pas Je suis fermé

Pour toujours sur le blanc secret de mon aubier

 

Cette sorte d'or liquide qui circule en moi

Les jours d'été surtout lorsqu'il est plus aisé

A mes aiguilles de coudre l'innombrable lumière

J'évite d'en laisser sourdre la gemme

 

Pourtant il arrive que se r'ouvrent parfois

Les anciennes blessures et ma vie

Saigne un peu Et c'est alors que la coulée

Hasardeuse se fige en poème.

 

 

 

Xavier Bordes

Villa l'Uppiane

Calaméo