9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 07:07
  

 

                                                    Á André Dhôtel.

 

 

La pinède m'ouvre la nef d'un nouveau monde,

La pinède où vit la lumière seconde

Quand la fougère pâle se couvre de rosée,

L'été y devient une stupeur tamisée.

 

Il est tamisé l'or que l'on filtre et transmue

En l'épurant depuis le dôme en fusion,

Pour rendre meilleur l'étranger que je suis

Toujours en instance de naturalisation.

 

Toujours je suis nu dans la lumière captée haut

Et sous l'œil du dôme qui est le double sceau

Où le silence s'allie au plus grave des offices,

Chaque pin me ressemble par sa longue cicatrice.

 

Mais la pinède s'entrouvre, étant un écrin,

Quand se livrent au souffle du courant sous-marin

Tous les grands rameurs faussement immobiles,

Sans cesse m'entraîne le battement des cils.

 

Alors que sous le toit de nacre

Une chaleur intime se manifeste

Et s'épanouit le col immaculé

Parmi les sapins en coiffure de sacre.

 

 

 

 

Armen Lubin

Le passager clandestin - Sainte patience

Les hautes terrasses et autres poèmes

Gallimard, 2005

SG