23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 11:25

 

Parmi les chênes, les épicéas héroïques vous êtes des

      mères taciturnes et humbles,

fécondes et conciliantes, pommiers qui vous inclinez,

tout parfum...

 

Vous êtes les Parques consolatrices

penchées sur le berceau de ma misère.

 

Blanchâtre, le ciel au-dessus de vous

est comme deux bras tendus, maternels.

 

Navires aux voiles vertes, grises et roses,

bombées vers le port d'une joie profonde.

 

Pommiers, mariées de printemps, nourrices d'automne,

squelettes en hiver où vous frissonnez,

pliés par les ans,

 

je vous caresse comme de bonnes vaches vieillies,

peut-être un peu jaloux au fond du cœur :

de ne pas être si généreux, muet, résigné,

mais, pris dans les fils d'araignée de l'angoisse,

de me cabrer sans cesse...

 

 

 

 

Bohuslav Reynek

La poésie tchèque moderne

par Petr Král

Belin, 1990

SG