6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 07:43

 

L'arbre que je plante ici

Boira le lait nécessaire

Et n'aura pour tout souci

Que de grandir sur sa terre.

 

Le doigt du Dieu maternel

Lissera sa feuille chaude,

Le protégeant, paternel,

Contre le fléau qui rôde.

 

La joue appuyée au ciel,

Il s'assurera la sève.

À sa bouche en fleur de miel

Viendra butiner le rêve.

 

— Tel parlait à l'oranger

Cet esprit pionnier, mon père !

Tel ne voyait nul danger

Cet amour entier, ma mère !

 

Tandis qu'aux lèvres d'avril

Alger pressait sa poitrine,

L'enfant triste de l'exil

Vivait déjà sans racine...

 

 

 

Claude Mouton

Les oranges de l'exil

Poèmes sur l'Algérie perdue

Publications M.C., 1986