31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 08:39

 

Cet endroit qu’on appelle les marais de Jacob :
comme la cave d’une journée d’été
où la lumière surit en un breuvage
au goût de grand âge et de coupe-gorge.

Les géants affaiblis sont si enchevêtrés
que rien ne parvient à tomber.
Le bouleau brisé pourrit là,
au garde-à-vous, comme un dogme.

Je remonte du fond de la forêt.
La lumière renaît entre les troncs.
La pluie s’abat sur mes toitures.
Je suis la gouttière des impressions.

L’air s’adoucit à l’orée du bois. —
De grands sapins, détournés et obscurs,
dont le mufle s’est enfoui dans l’humus de la terre,
lapent l’ombre de la pluie.

 

 

 

Tomas Tranströmer

Œuvres complètes (1954-1996)

Traduit du suédois par Jacques Outin

Le castor astral, 1996

 

 

 

 

 

ken denning

  Ken Denning

  Photogravure, 2006