2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 07:08

 

Ils sont épatants, eux, chacun

Se joignant à un voisin comme si parler

Était une représentation silencieuse.

S'arrangeant par hasard

 

Pour se rencontrer ce matin aussi loin

Du monde que nous sommes en accord

Avec lui, toi et moi

Nous sommes soudain ce que les arbres essayent

 

De nous dire ce que nous sommes :

Qu'il suffit d'être là

Pour signifier quelque chose ; que bientôt

Nous pourrons toucher, aimer, expliquer.

 

Et contents de n'avoir pas inventé

Tant de grâce, nous sommes cernés :

Un silence déjà plein de bruits,

Une toile sur quoi émerge

 

Un chœur de sourires, un matin d'hiver.

Placés dans une déroutante lumière, et mobiles

Nos jours revêtent une telle réserve

Que ces accents paraissent se défendrent d'eux-mêmes.

 

 

 

 

John Ashbery

Quelqu'un que vous avez déjà vu

Traduit de l'américain par Pierre Martory

et Anne Talvaz

P.O.L, 1995

 

 

                      

 

 

 

Some trees

   

 

These are amazing : each
Joining a neighbor, as though speech
Were a still performance.
Arranging by chance

 

To meet as far this morning
From the world as agreeing
With it, you and I
Are suddenly what the trees try

 

To tell us we are :
That their merely being there
Means something ; that soon
We may touch, love, explain.

 

And glad not to have invented
Such comeliness, we are surrounded :
A silence already filled with noises,
A canvas on which emerges

 

A chorus of smiles, a winter morning.
Placed in a puzzling light, and moving,
Our days put on such reticence
These accents seem their own defense.

 

 

 

 

 

 

 David Hockney     

  

  David Hockney

  A closer winter tunnel, 2006

  Collection of Art Gallery of New South Wales

  Sidney