14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 06:08

 

Le plus beau jardin cache un mensonge

Qu'est-ce donc mon Dieu ces peupliers vagues, des morts

                                                                   [peut-être ?

 

Ils déchirent leurs feuilles et les collent sur la rivière

Des étoiles bourlinguent sur le ciel mat

 

Le plus beau jardin cache un mensonge

Des gouttes de sang maraudent en fougères

Les bouleaux se glissent entre nous

Inquiets et peut-être aussi qu'on a pendu quelqu'un là-haut

 

Au-dessus le ciel devient éloquent

Il chiffrera quand même zéro.

 

                                                                                               (1946.)

 

 

 

Jean-Pierre Duprey

Derrière son double

Œuvres complètes

Gallimard, 1999

SG