17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 08:10
  

Toi qui tends tes doigts à la flamme,

Souviens-toi du grand orme debout

Qui tenait tête à la tempête.

Tu y grimpais à l'aventure,

Chaque branche t'offrait son domaine

D'écorce, d'oiseaux, de lumière.

Le vent chantait dans sa mâture

Et la nuit rassemblait ses étoiles

Dans les filets de sa ramure.

 

Tu regardes danser le feu.

La bûche crépite, se fend,

Elle soupire encore un peu,

Puis s'écroule comme un château

De braises et de cendres bleues.

C'était là le dernier adieu

De ton vieil ami, le vieil ormeau,

De l'ormeau qui reste vivant

Au cœur de tes songes d'enfant.

 

 

 

Pierre Gabriel

Le cheval de craie

le dé bleu, 1997

 

 

 

 

 

printemps des poètes 2012