9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 06:04

 

Hêtre, tu t'appropries ma vie

sur tes lances et tes bourgeons,

et ton évasion de tendre vert

je ne puis pas plus la surmonter

que le ciel visible ne calme

l'intensité qui te consume.

 

Ô soir, je ne suis pas seul à regarder,

toi aussi tu me regardes,

et ta braise rend de cendre mon imagination.

Je parle comme un mendiant

pour que tu captives mon âme,

ton aumône ne rassasie pas.

 

 

 

 

Marc Guyon

Le voleur de souffle

Gallimard, 1991

SG