23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 06:09
  

Bruissante pitié du feuillage,

J'ai appris à te discerner ;

En lettres des sombres ramages

Le cœur soumis peut me parler.

 

La trame austère est toute empreinte

D'idées justes, sans rien de trop...

Dénombre les feuilles en pointe

Au lieu de jouer avec les mots.

 

Vers quelle échappée de lumière

Ton bruit de feuillage va glisser —

Arbre toujours obscur du verbe,

Arbre aveugle de la pensée ?

 

 

Mai 1910

 

 

 

Ossip Mandelstam

(La) Pierre

Traduit du russe par Henri Abril

Circé, 2003

 

 

 

 

 

 

mandelstam-1910