17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 07:12

 

Au milieu de nos belles et paisibles forêts, il existe un arbre que j’admire et que j’aime. Ce n’est pas le chêne superbe qui balance dans les airs son faîte chargé de feuillage et d’années ; ce n’est pas non plus le hêtre, le hêtre si cher aux vers du doux Virgile et sous lequel il soupirait ses harmonieux accords. Cet arbre si riche de sa simplicité et de sa modeste élégance, c’est le bouleau. Ses feuilles dentelées et transparentes, son tronc uni et élancé, et je ne sais quoi de gracieux et de mélancolique dans ses branches flexibles et recourbées, lui donnent un caractère tout à la fois triste, suave, léger, qui plaît infiniment aux regards. Lorsqu'une brise légère vient agiter doucement son vert feuillage, cet arbre solitaire s'incline gracieusement vers la terre avec un mélodieux frémissement. Le bouleau n'exprime ni la douleur terrestre que le saule représente en laissant tomber ses longs rameaux, ni la fierté du chêne dont le faîte élevé domine tous les arbres des forêts ; il ressemble à ces âmes tendres et mélancoliques qui ne recherchent la solitude et l'oubli que pour penser et pour aimer. Placé comme entre le ciel et la terre, il semble tenir de l'éclat des deux mondes, et inviter les âmes pensives, aimantes et recueillies, à se reposer sous son frais ombrage.

 

 

 

Olivier de Saint-Albin

Le Magasin Universel

Publié sous la direction de savants, de littérateurs et d'artistes

Octobre 1936 

SG