6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 07:10

 

Du violoncelle avec sa voix de sanglier qui rêve

énorme depuis le fond des forêts sous brouillard

ayant touché la fibre où crie la mémoire du bois

il tire par lambeaux sauvages le regret

d'avoir quitté la terre épaisse et les tambours de l'air

autrefois contre la peau quand le soir faisait ventre

ah caresser le rétif messager des sursauts

tenir entre ses bras ce grondement gorgé de nuit

toujours avec l'archet brusque et lent qui nous ramène

et nous arrache et nous ramène au oui profond

le oui à la forêt par le nerf et la corde

 

 

 

Ludovic Janvier

Doucement avec l'ange

Gallimard, 2001

SG