6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 07:16

 

                          1

 

Bourgeon à vivre contre moi

tout condensé de sève

tu attends d'étreindre l'été

                 au plus fort de tes feuilles

 

C'est toi

la dignité du hêtre

le saule souffreteux

ou les doux bouleaux d'astres blancs

— Toi d'un subtil tissage

 

 

                           2

 

Saule fendu

au cœur béant de caoutchouc

quel témoignage de cavernes

— en champignons   en bactéries verdâtres

   en âpre gomme craquelée

— Rêver sur cette mort à seule image de poussière —

 

          Mais ce lichen à te parer d'étoiles

carcasse où pleut encore une chevelure de mousses

 

 

                           3

 

L'incroyable pouvoir de vie

qui donne scions aux troncs hachés

        Auprès veillent les hêtres qui respirent

        les sylves de fûts navigables

 

 

                           4

 

Un royaume à ceux-là qui portent les regards

mes androgynes âmes ardues à boire

                         en bas la terre et l'eau

                         en haut le feu et l'air

 

Pour eux

mes capitales d'étangs bleus

                      ceints d'amours   de bras jaunes

 

 

 

 

Francine Caron

Grandeur nature

Eklitra, 1989

SG