15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 06:06

 

Quel était ce matin où j’ai pour la première fois

traversé ton nom d’arbre ?

 

Était-ce en ce midi quand, d’écorce en écorce,

j’ai pénétré l’espace de ta nudité,

touché le cercle étroit de notre différence ?

 

(Quand je t’ai vu levé, frappant de ta colère

La main — ou le regard — qui t’avaient inventé,

revêtu malgré toi de l’aube des naissants.)

 

Je te savais nocturne, je te savais bouleau.

J’avais souvent nourri la sève de tes lèvres ;

 

mais ce jour-là, je ne t’ai reconnu

que des fougères, et cherchant un soleil

qui demeurait brisé dans le creux de tes mains.

 

(Et je t’ai vu levé, aveugle et séparé.

Je t’ai vu boire, et, contre le rocher,

dessiner un nom d’homme que je n’osais pas lire.)

 

 

 

 

Monique Laederach

Poésie complète

L'Âge d'Homme, 2003

SG