11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 07:13

 

Brouillards de fin d'automne, rêves glacés

Couvrent d'un voile montagne et vallée,

La tempête déjà effeuille les arbres

Et leur donne l'allure de fantômes décharnés.

 

Seul un arbre, triste et silencieux,

Un arbre solitaire, a gardé son feuillage,

On le dirait mouillé de larmes nostalgiques,

Et il secoue sa tête verdoyante.

 

Mon cœur, hélas ! ressemble à ce désert,

Et l'arbre que j'aperçois là-bas,

D'une verdeur estivale, cet arbre est ton portrait,

Ô femme si belle et tant aimée !

 

 

 

Heinrich Heine

Nouveaux poèmes

Traduction d'Anne-Sophie Astrup et Jean Guégan

Gallimard, 1998

 

 

 

Jean-Fautrier-L-arbre-vert     

 

Jean Fautrier

L’Arbre vert

Musée Reina Sofía, Madrid

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