15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 08:06

 

Un arbre nous regarde à travers la fenêtre

De ses milliers d'yeux verts : on dirait qu'il sourit

De nous voir rassemblés à la table de hêtre,

Nous de la maisonnée qu'il couve comme un nid.

 

C'est un très vieil ami, un arbre de famille

Qu'un grand-père a planté dans le temps près du puits ;

Son écorce est ridée mais, chaque année, scintillent

Des rameaux nouveau-nés ornés de jeunes fruits.

 

Depuis tant de printemps et des étés sans nombre

Il étreint la maison de ses racines blanches

Et chacun tour à tour a goûté sous son ombre

La fraîcheur embaumée que distillent ses branches.

 

Les enfants et les chats ont joué avec lui

Sous la lumière rousse et dorée de l'automne ;

Il a porté les fruits des étoiles, la nuit,

Et plus d'oiseaux chanteurs qu'une aube qui frissonne.

 

Ainsi quand il regarde à travers la fenêtre

De ses milliers d'yeux verts, je sais qu'il nous sourit,

L'arbre aimé, l'arbre ami qui tous nous a vus naître,

Nous de la maisonnée qu'il couve comme un nid.

 

 

Marc Alyn

SG