15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 15:39

 

Tu t'étais dit :

je ne ramasserai pas

les feuilles mortes

du tilleul, trop

 

molles, trop nombreuses

et si proches de

la pourriture. Tu

préférais soigner

les derniers pétunias,

 

comme pour te racheter

de quelque négligence.

Mais voilà, ce matin

où le soleil fait

une entrée inattendue,

 

les feuilles mortes se

redressent et demandent à

tes mains de les réunir,

avec soin, au fond du parc.

 

 

 

Richard Rognet

Le promeneur et ses ombres

Gallimard

SG