2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 06:57

 

L'hiver tremblait inachevé

aux fruits du châtaignier

nul chant n'éclairant les forêts

où la chouette ignorait le soir

les arbres morts

 

Déjà tombant aux fleurs

les saisons seraient longues

et morte la chanson

pour l'attente où le sable régnait

 

Livrerions-nous les secrets provisoires

et ces banales tragédies

l'échange où le cercle de feu

naissait de souvenirs ?

 

Nous avions négligé le vent glacé des jours

et le mépris de nos pays

aux feuilles oubliées

des sentiers recouverts

 

Les orgues d'arbres nus jouaient

de hautes branches

et le vent soupçonné

sous le ciel furtif

de ton regard.

 

 

 

 

Pierre Gibert

Temps brûlé

Éditions Saint-Germain-des Prés, 1991 

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