16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 09:22

 

Sous les niaoulis, les arbres des tribus,

Nous écoutons les flots aux murmures confus.

 

      Il faut que l'aurore se lève ;

      Chaque nuit recèle un matin.

      Pour qui la veille n'est qu'un rêve,

      L'herbe folle deviendra grain.

      Les flots roulent, le temps s'écoule,

      Le désert deviendra cité.

      Sur les mornes que bat la houle

      S'agitera l'humanité.

 

      Nous apparaîtrons à ces âges

      Comme nous voyons maintenant

      Devant nous les tribus sauvages,

      Dont les rondes vont tournoyant ;

      Et de ces races primitives,

      Se mêlant au vieux sang humain,

      Sortiront des forces actives

      L'homme monte comme le grain.

 

Sous les niaoulis gémissent les cyclones.

Sonnez, ô vents des mers vos trompes monotones !

 

 

 

Louise Michel

Le Livre du bagne

Presses Universitaires de Lyon

SG