1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 07:05

 

                       À la mémoire de Tony Meraville.

 

 

Ô toi dont les rameaux s'inclinent

Pieusement sur les tombeaux

Ou nos pauvres corps s'acheminent

En attendant des jours plus beaux ;

 

Saule pleureur qui toujours veille,

Qui prie et qui sanglote au vent ;

Aux morts, toi qui prêtes l'oreille

Ainsi qu'un gardien fervent.

 

Dis-moi, bien bas, ô mon bon arbre,

Dis-moi, n'entends-tu pas la nuit,

S'échapper de dessous le marbre :

Une voix, une plainte, un bruit ?

 

Ah parle ! car si je t'implore,

C'est que mon cœur est anxieux ;

C'est que... c'est que je doute encore

Que sous terre il ferme les yeux.

 

 

 

Francisque Dumont

Littérature contemporaine, vol.44

Les chansons de l’âtre

publiées par Évariste Carrance

Impr. de A. R. Chaynes (Bordeaux), 1890 

SG