21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 07:01

 

Et les fruits, calmes,

attendent que l'été leur donne la lumière.

 

Et nous allons, par l'invisible porte.

Et dans les grandes vallées bleues du cœur

Où la mémoire n'atteint pas

Une voile s'approche, entre les apparences,

Et fait signe de taire le nom du paysage.

 

Et les arbres s'éloignent dans l'automne

Et recouvrent nos pas de leurs vagues mourantes.

Une ombre va, dans les collines,

Et puis, que reste-t-il de ce pays, qu'un peu de neige

Qui tombe, dans le creux de la main ?

 

L'impossible silence accomplit son espace,

Et voici, lentement, mon image détruite.

Mes yeux perdent le souvenir,

Et mon visage meurt, de miroir, d'absence,

Comme, au bord de la branche, un songe dans sa fleur.

 

 

 

Roger Giroux

L'arbre le temps

Mercure de France

SG