6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 06:49

 

Les arbres qui ne voyagent que par leur bruit

Quand le silence est beau de mille oiseaux ensemble

Sont les compagnons vermeils de la vie

Ô poussière savoureuse des hommes

 

Les saisons passent mais peuvent les revoir

Suivre le soleil à la limite des distances

Puis − comme les anges qui touchent la pierre

Abandonnés aux terres du soir

 

Et ceux-là qui rêvent sous leurs feuillages

Quand l'oiseau est mûr et laisse ses rayons

Comprendront à cause des grands nuages

Plusieurs fois la mort et plusieurs fois la mer

 

 

 

Georges Schehadé

Les Poésies

Gallimard, 1952

SG