15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 08:03

      

      Librement, dans l'épaisseur de la terre,

      l'extase de l'arbre, de l'oiseau, de la fleur. Le chant devient l'oiseau qu'il désire. La fleur, le soleil même qu'elle efface. Tout chant, toute fleur, à volonté changera d'oiseau, de soleil.

 

      Que nul ne se fige sur le roc ! mais que la fleur se fasse chant, le soleil, oiseau.

 

      Si oui, espère !

 

 

      Il faudra pourtant bien la partager cette tendresse propre aux feuilles naissantes. Ce baiser chlorophyllé. Ce grand spasme de feu et d'eau.

 

      L'instant du bourgeon, du fruit. L'aube de l'arbre.

 

      A lire comme une fête, à vivre sans comprendre. Tout le corps fait nuit pour mieux absorber la verte lumière. Seul, en cette branche extrême, et pourtant l'autre.

 

 

 

 

Maurice Bourg

Saisons qui portez tout

Librairie Saint-Germain-des Prés, 1975

SG