11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 11:59

 

Je t'appelle. Venant vers toi j'ai croisé des petits civilisés et des

    orages de nuits.

Je me suis dressée sur la pointe des pieds au-dessus d'épaules

    où j'étais tenue puis j'ai posé les talons pour ne plus rien voir du

    monde sans douceur.

 

Non, tu ne connais pas encore ma voix.

Longtemps j'ai pensé à toi comme à un jeune arbre.

Plus tard j'ai vu des hommes aiguiser leur couteau contre l'écorce.

Plus tard j'ai vu des cargos appareiller et des trains s'en aller chargés

    de pousses claires et de buissons.

 

Alors je t'ai pensé pour ces oiseaux qui bougent et font avec les

    arbres de grandes roues bruissantes.

 

Je présumais en toi ce mélange de lourdeur, de plumes, d'immo-

    bilité et de vent.

 

Tu tournes toujours vers où ça appelle.

 

 

 

Marie Huot

Chants de l'éolienne

Le temps qu'il fait, 2006

SG