26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 06:52
 

Le frémissement de la charmille est déjà comme un acquiescement pur et simple aux délicates prières de la brise.

 

Bien en deçà des mots sonores que nous alignons, l'un après l'autre, se tient leur langage, éventaire de murmures et de chuchotements cueillis sur les terres déclives de la nuit.

 

Quelquefois, le vent parle haut. L'arbre amplifie d'autant l'assentiment de son feuillage. Celui-ci a pour celui-là qui a tant voyagé les attentions des gens crédules des gens humbles.

 

D'une bourrasque, le camelot peut même en rajouter, pour que l'autre applaudisse émerveillé.

 

En hiver, quand les feuilles ne sont plus là pour corroborer les jugements de la bise, l'arbre marque encore son approbation, à la manière d'un cerf blessé, en inclinant doucement l'andouiller de sa plus haute branche.

 

 

 

 

Guy Bornand

La remue

le dé bleu, 1989

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