11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 16:20

 

Comme j'abritais un éléphant,

beau comme mes faiblesses,

et le grattais d'acacia,

comme j'abritais un éléphant,

et le soulageais peut-être

aux saignantes écorces du soir,

je me souviens que c'était fugace.

Qu'il allait et venait dans cette chambre

aux épines de rêves et d'acacia,

pour me rappeler de temps à autre

que c'était aussi l'arbre de l'oubli.

Et de-ci de-là, d'un rêve l'autre,

entre ses allées et venues,

à l'amble de ses pas,

aux tanins des soirs

je finis par oublier, peu à peu,

d'oublier.

 

 

 

Stéphen Bertrand

Premiers dits du colibri

Le Castor Astral, 2007

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