19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 13:56

 

N'étant que des hommes, nous marchions dans les arbres

Effrayés, abandonnant nos syllabes à leur douceur

De peur d'éveiller les freux,

De peur d'arriver

sans bruit dans un monde d'ailes et de cris.

 

Enfants nous nous serions penchés

Pour attraper les freux endormis, sans briser de brindilles,

Et après une douce ascension,

Élevant nos têtes au-dessus des branches

Nous nous serions émerveillés des étoiles inaltérables.

 

Loin de la confusion, telle est la voie

Tel est le prodige que l'homme sait

Loin du chaos parviendrait la joie.

 

Cela est une beauté, disions-nous,

Enfants émerveillés par les étoiles,

Cela est le but, cela est le terme.

 

N'étant que des hommes, nous marchions dans les arbres.

 

 

 

Dylan Thomas

Vision et Prière et autres poèmes

Traduction d'Alain Suied

Gallimard, 1991

 

 

 

 

                                     

 

 

 

Being but men

 

 

Being but men, we walked into the trees

Afraid, letting our syllables be soft

For fear of waking the rooks,

For fear of coming

Noiselessly into a world of wings and cries.

 

If we were children we might climb,

Catch the rooks sleeping, and break no twig,

And, after the soft ascent,

Thrust out our heads above the branches

To wonder at the unfailing stars.

 

Out of confusion, as the way is,

And the wonder, that man knows,

Out of the chaos would come bliss.

 

That, then, is loveliness, we said,

Children in wonder watching the stars,

Is the aim and the end.

 

Being but men, we walked into the trees.

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