28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 06:19

 

                           pour L.I. Kachina

 

 

Tes seins de jeune fille,          

Tes cheveux verdoyants...

Qu'as-tu, frêle bouleau,

À contempler l'étang ?

 

Que te souffle le vent,

Et que tinte le sable ?

Attends-tu que la lune

Vienne peigner tes nattes ?

 

Confie-moi le secret

De tes pensées de bois ;

J'aime au seuil de l'automne

Ton murmure sans joie.

 

Et le bouleau répond :

« Ô curieux, mon ami,

Un berger à mes pieds

A pleuré cette nuit.

 

Dans l'ombre de la lune

Les blés verts scintillaient ;

Le berger enlaçait

Mes genoux dénudés,

 

Puis souriant il dit

Aux branches qui résonnent :

Adieu, ma tourterelle,

jusqu'au temps des cigognes ! »

 

<1918>          

 

Sergueï Essénine

 

 

Sergueï Essénine

L"Homme noir

Traduction de Henri Abril

Circé, 2005 

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