29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 07:14

 

Dans le jour des prairies

un enfant vole sa première pomme,

cueille naïvement

l'interdit dans ses mains.

 

La liberté l'envahit,

il court la regarder,

la polir dans le haut d'un arbre,

à l'abri.

 

L'arbre, c'est un frêne chaud,

(de ceux qui font le roux des buissons)

une écorce lisse, des nœuds noirs

à la fourche des branches.

 

Près du ruisseau avec vue sur saule,

fragilité et espérance

de cette photo noir & blanc

qui reflète l'élégance de l'eau

 

dans l'imparfait du temps,

la mémoire de cet enfant

des granges qui a vu le ciel

dans une pomme volée,

 

est entré en silence dans le soleil

de ce cliché en croquant le large

par effraction, portant tous les arbres

du monde dans ses bras.

 

 

 

 

Pascale Arguedas  

Port-Royal des Champs, janvier 2013

Calou, l'ivre de lecture

 

 

(Les grands arbres furent tellement grands avec leur grand âge contre notre enfance qu'on n'en finit plus d'imaginer une mémoire assez profonde et des prés bas plus verts dans leur ombre. James Sacré)

 

 

 

 

 

Pascale Arguedas 

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