9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 07:18

 

Ton rire fait songer à cet arbre entrouvert

par l'éclair argenté, par la foudre qui tombe

du ciel et qui vient se briser sur la cime,

partageant l'arbre en deux par un seul coup d'épée.

 

Seules les hautes terres au feuillage de neige

sont mères d'un tel rire, ô ma bien-aimante,

c'est le rire de l'air libre sur la montagne,

et coutumes d'araucaria, ma bien-aimée.

 

Mon Andine, vraie montagnarde de Chillan,

viens déchirer l'obscur des couteaux de ton rire,

la nuit et le matin, et le miel du midi,

 

que s'élancent au ciel les oiseaux du feuillage :

tu viens, c'est pour briser cet arbre de la vie

avec ton rire et sa lumière dissipatrice.

 

 

 

 

Pablo Neruda

Les vers du Capitaine

suivi de La centaine d'amour

Traduit de l'espagnol par Claude Couffon,

Jean Marcenac et André Bonhomme

Gallimard, 1984 

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