6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 08:24
  

I

 

L'été

à ses pieds

le cri des insectes

invente au dehors un buisson qui l'enserre

d'un vertige de chant tenu, épanoui.

 

 

 

II

 

L'hiver

sous un ciel clair,

ses branches

en plombs de vitrail,

 

l'arbre est notre prédécesseur

dans la déjà très vieille cathédrale de la terre

 

 

 

III

 

Au printemps, les chatons rouges du peuplier

dans le ciel chichement ouvert

aux yeux d'un blessé

lui disent que le sang

peut affleurer aussi à la vie montante.

 

L'arbre est seul

à se pencher vers lui

de toutes ses branches

 

 

 

IV

 

Automne.

 

nous savourons le goût

mi-rouille mi-sang

de l'écorce

caressée de nos doigts mortels.

 

Devenus cendre, à ses pieds nous occuperons

un très minime espace où se déploie

un univers de champignons, bactéries, plantules

sans mots, sans alphabet non plus.

 

Le monde enfin. Son énergie.

 

 

 

 

 

Marie-Claire Bancquart

Avec la mort,

quartier d'orange entre les dents

Obsidiane, 2005

SG