17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 07:18
  

Abattu, l'odorant eucalyptus

qui susurrait sur le pignon de la maison

nous a laissé la vue sur un grand mur

blanc et vide. La lumière opium

de ses feuilles, de ses petites langues

pointues, décolorées dans du natrum

de Judée, ses squames dont nous tirions

(quand la braise mordait son velum racorni)

des liturgies d'embaumeurs, des senteurs

d'Arabie, tous les rêves d'une terre

heureuse sont partis — et nous — avec lui

 

 

                              

Après avoir dû abattre le grand eucalyptus

devant la maison,

30 décembre 1999

 

 

 

Yves Leclair

Prendre l'air

Mercure de France, 2001

SG