16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 07:41

 

Peuplier, danseur d'absolu,

Marié au vent mais infidèle, qui renoue l'air

Plus que l'air ne peut tenir,

Ici levé tout blanc, et là

Tordu, ailleurs

Ployant, vert répandu,

Jamais tranquille et dont la pure mobilité

Peut pour un arbre supporter le poids du ciel.

 

Sycomore, que chalute le soleil qui penche,

Dessine sur ton écorce les lambeaux de lumière,

Et garde le crapaud moucheté sur ton écorce,

Trouble le regard jusqu'à l'endormir,

Sois un remous si profond

De lumière et d'ombre entrelacées,

Que mon œil ne connaîtra jamais la sèche douleur

De ne songer aux choses au-delà de ce qu'il voit.

 

 

 

 

Richard Wilbur

Le beau qui change

Traduit de l'anglais par Alain Bosquet

La Différence

 

 

 

                 ♦

 

 

 

Poplar, sycamore

 

 

Poplar, absolute danseuse,

Wind-wed and faithless to wind, troweling air

Tinily everywhere faster than air can fill,

Here whitely rising, there

Winding, there 

Feinting to earth with a greener spill,

Never be still, whose pure mobility

Can hold up crowding heaven with a tree.

 

Sycamore, trawled by the tilt sun,

Still scrawl your trunk with tattered lights, and keep

The spotted toad upon your patchy bark,

Baffle the sight to sleep,

Be such a deep

Rapids of lacing light and dark,

My eye will never know the dry disease 

Of thinking things no more than what he sees.

SG