2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 07:10

 

                                                      ... di vegetabile

                                                              soave più.

 

 

Sous l'arbre où la lumière est à jamais aimable

d'être comme un linceul du désir absolu,

je me suis réfugié à la recherche de la terre

priante sous le feu multiple des cigales

qui tisse à travers l'air un fin réseau de signes

et l'invisible nuit d'un rythme inconcerté.

Demeure du désir, arbre brillant de sève

d'où monte le sommeil comme un rire léger

dans le détour de ce chemin de solitude :

à toi ma nuit confiée, nuit déserte et féconde.

Et j'ai voulu dormir sous ton réseau de branches,

sous la promesse d'unité de ton feuillage.

Arbre jamais ne fut d'une ombre plus limpide,

végétale splendeur suave de la terre,

dans ton ombre si chère où me vint le repos.

 

 

 

 

Jean-Yves Masson

Poèmes du festin céleste

L'Escampette, 2002

SG