28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 16:18

 

 

Etancelin. Qu'un arbre tombe

Auprès de la Tombe à l'Enfant

Il frappe un bruit sauvage et sombre

A croire que mon cœur se fend.

 

 

C'est un géant : vacille et tombe

Ecrasant ses petits enfants

Colosse épandu. Point de tombe

Mais des cognées, des scies crissant.

 

 

O Bécognée ! En rit la brute

Très bas sous les vents et les nids

Pour moi, cette atroce culbute

Heurte à des chagrins infinis

 

 

Je le vois frémissant de feuilles,

Le revois fusant vif d'oiseaux

De tous ordres espèces remeuilles

Agiles comme des fuseaux

 

 

Moulière immense, immarcescible

Tu vibres tout de même moins

Cette flèche prise pour cible

Te prive d'adorants témoins.

 

 

Je porte depuis mon enfance

La grande forêt dans mon cœur

Et chaque arbre qui meurt m'offense

Mais l'homme y est toujours vainqueur

- Oui. Bien qu'y saignent des piqueurs -

 

 

...Pour ses bateaux, pour ses cambuses

Il faut du bois, du bois, du bois

Et pour ça, tout en haut, les buses

Tournent et crient trois fois, trois fois

Sur cet arbre mort comme un Roi.

 

 

 

Maurice Fombeure

A chat petit

Gallimard

SG