7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 06:09

 

Toujours l'un, le peuplier,

au bord de la pensée,

Toujours le doigt qui se dresse

à la lisière.

 

Loin devant,

le sillon hésite dans le soir.

Mais le nuage :

passe.

 

Toujours l'œil.

Toujours l'œil dont tu lèves

la paupière à la lueur

de sa sœur baissée.

Toujours cet oeil.

 

Toujours cet œil dont le regard

entoure de son fil le peuplier, l'un.

 

 

 

Paul Celan

De seuil en seuil

Christian Bourgois éditeur, 1991

 

 

 

                 

 

 

 

Die felder

 

 

Immer die eine, die Pappel

am Saum des Gedankens.

Immer der Finger, der aufragt

am Rain.

 

Weit schon davor

zögert die Furche im Abend.

Aber die Wolke:

sie zieht.

 

Immer das Aug.

Immer das Aug, dessen Lid

du aufschlägst beim Schein

seines gesenkten Geschwisters.

Immer dies Aug.

 

Immer dies Aug, dessen Blick

die eine, die Pappel umspinnt

commentaires