6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 18:40

 

La porte du sommeil

S'ouvre sur de grands arbres blancs

Remplis de nuit

Par leurs plus hautes branches

Et par toutes leurs feuilles

Ils se souviennent

Et tremblent

 

Un arbre un autre arbre et un autre

Parler d'eux est maladroit

Ne sert à rien

Est désolant comme le silence

Qui s'élève de la forêt

 

Le silence qui s'élève de la forêt

Est la contribution personnelle de tous les arbres

A un seul arbre

A une statue invisible

Toujours future

 

L'oiseau soudain s'est tu

Attentif au profond silence

Qui montait dans l'arbre

Jusqu'à sa gorge

 

Les pierres et les arbres

Et ma rage froide

De ne pouvoir forger le visible

L'inaccessible

D'être écarté

 

 

Paul Vincensini

Poésie 1 - Vagabondages, n°3

Le Cherche Midi

SG