11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 07:43
  

Les arbres tracent des phrases

sur la lune impavide,

ils l'ont trouvée si ronde,

si rousse, si féminine,

qu'ils se sont demandés

si elle était vraiment la lune ;

comment dans la nuit pouvait-elle

s'offrir à la terre aussi bas ?

On raconte qu'un ange facétieux,

par un léger mouvement d'ailes,

voulait la rendre au diable vert

qui l'avait renseigné sur les hommes ;

on dit aussi que le même ange,

incapable d'écrire un poème,

en avait appelé aux arbres,

toujours prêts à mettre leurs feuilles

au service de l'alphabet.

 

 

 

 

Richard Rognet

Juste le temps de s'effacer

suivi de Ni toi ni personne

Le cherche-midi, 2002

SG