7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 07:16

 

Pourquoi regarder toujours l'onde ?

Pourquoi tant d'amère douleur,

 

Saule pleureur ?

N'as-tu plus d'espoir en ce monde ;

Es-tu courbé sous le malheur ?

 

Pauvre rêveur !

 

Que cherches-tu dans la rivière,

As-tu perdu quelqu'un ici ?

À comprendre ta peine amère

Je cherche aussi.

 

Saule éploré, je t'en conjure,

Révèle-moi ce grand secret...

Mais je n'entends que ton murmure

Plein de regret.

 

Êtes-vous, fleurs pleines de larmes,

Et vous, saules ainsi penchés,

Comme sous de magiques charmes

Des cœurs cachés ?

 

Si notre âme au ciel monte et chante

Quand nous dormons du grand sommeil ;

Si le corps devient arbre ou plante

Sous le soleil ;

 

Si toute chose est transformée,

Peut-être qu'à ce même endroit

Quelqu'un mourut sans bien-aimée...

Et saule il croit !

 

 

 

 

Auguste de Chatillon

À la grand'pinte

Poulet-Malassis et de Broise, 1860 

SG