13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 15:09

 

Au bord du gave ruisselant,

De fleur en fleur, de pierre en pierre,

Léger comme une primevère,

Rêve le peuplier d'argent.

 

Sa silhouette est agitée

Même quand ne souffle aucun vent,

Car c'est le cœur de la vallée

Le mince peuplier d'argent.

 

Les oiseaux sur ses frêles branches

Aiment tant à bâtir leur nid !

En avril vole autour de lui

Tout le bonheur des plumes blanches !...

 

Et l'on voit, paternellement,

Sourire la face troublée

De l'arbre au feuillage mouvant,

Car c'est le cœur de la vallée

Le mince peuplier d'argent.

 

 

 

Jules Supervielle

Oeuvres poétiques complètes

Bibliothèque de la Pléiade, 1996

SG