7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 06:11

 

                        à Maurice Fombeure

 

 

Sur cette rive, un peuplier 

Qui prend un homme en son aubier,

Qui le dispense en son feuillage ;

Et l'homme parle en un langage

Qui se soumet au moindre vent,

Et il arrête le nuage :

Il lui demande en frissonnant

Un grain de pluie à tout hasard.

Le nuage passe ; il est tard ;

Il faut qu'il aille un peu plus loin

Mettre une averse sur les foins.

Et tout le jour le peuplier

Mène sa vie obscurément.

D'un cercle à l'autre il a vingt ans.

Peut-être va-t-on l'oublier ?

 

 

 

Pierre Menanteau

Œuvre poétique, tome II 

SOC et FOC, 1999

SG