26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 06:06

 

L'arbre, on l'admire toute la nuit

Dans l'eau, c'est un cyprès d'argent

Pour Nédime, poète d'Istamboul.

 

Essénine de Riazan

Aime les mariées en blanc

Bouleaux tristes et mélancoliques.

 

Un peuplier frissonne en moi

Où que je sois j'entends sa voix

Depuis que je suis en exil.

 

Comme chaque arbre le peuplier

Se tient debout sa vie durant

Guettant sans répit des choses.

 

Il guette tout au long des routes

Les villages d'Anatolie

Durant l'été chaud et roussi.

 

Il m'a guetté moi aussi

Et il criait dans la nuit

Face aux grilles de la prison.

 

Témoin de nos déchéances

Témoin de notre malchance

Témoin de nos espoirs.

 

Témoin aussi de nos misères

Et du travail de la terre,

Ah ! Sacré peuplier va.

 

Mais chanter les peupliers,

Se contenter de les aimer

À quoi bon, mon cher pays !

 

Penché sur la terre noire

Essuyant mon front en sueur

Je n'ai pu planter un seul peuplier.

 

 

 

 

Nazım Hikmet

Adaptation de Francis Combes

d'après la traduction de Noëmie Cingoz

Poésies du monde

Seghers, 2003

 

 

 

 

                         

 

 

 

Kavak

 

 

Ağaç gece seyredilir.

Suda gümüşten servidir

İstanbullu Nedim için.

 

Ak bedenli gelinleri,

Melül mahzun kayınları

Sever Riyazanlı Yesenin.

 

Bende bir kavak ürperir,

Nerde olsam sesi gelir

Muhacirliğimden beri.

 

Her ağaç gibi kavak da

Ömrünce durur ayakta

Gözler durur bir şeyleri.

 

Gözler şose boylarını,

Anadolu köylerini 

Sari sıcak yaz gününde.

 

Beni de gözledi kavak,

Geceleri haykırarak

Hapisanemin önünde.

 

Şahit ayıplarımıza

Şahit kayıplarımıza,

Umudumuzun şahidi.

 

Şahit bitlenişimize,

Topraktaki işimize,

Hey gidi kavak, hey gidi.

 

Kavaklarını övmekten,

Kuru kuruya sevmekten

Ne çıkar ki memleketim !

 

Kara toprağa eğilip,

Yüzümün terini silip

Bir tek kavak dikemedim.

 

 

 

Nazım Hikmet

SG